Hausse des litiges juridiques dans les ventes de maisons aux Pays-Bas : causes et prévention
Le marché immobilier néerlandais est soumis à une pression sans précédent ces dernières années. Avec une demande en forte hausse et une offre limitée, les acheteurs sont souvent contraints d’agir rapidement—parfois au détriment de la diligence raisonnable. Cet environnement compétitif a entraîné une augmentation marquée des litiges juridiques entre acheteurs et vendeurs. Selon l’assureur Achmea Legal Assistance, le nombre de déclarations juridiques a augmenté de plus de 14 % l’an dernier, ce qui souligne la nécessité de clarifier vos droits et obligations lors de l’achat d’un bien aux Pays-Bas.
Pourquoi les litiges augmentent
1. Dynamique d’un marché surchauffé
Dans de nombreuses villes et communes néerlandaises, l’offre de logements disponibles n’a pas suivi la croissance de la demande. Alors que les acheteurs potentiels se disputent un nombre limité de biens, il est courant d’observer des « surenchères significatives »—des offres qui dépassent le prix demandé de dizaines de milliers d’euros. Si cette stratégie permet souvent de remporter un achat, elle peut épuiser les marges financières des acheteurs, les rendant vulnérables si des vices cachés apparaissent après la vente.
2. Raccourcissement des visites et des processus de décision
La mise en concurrence favorise une culture de décisions rapides. Beaucoup d’acheteurs soumettent une offre après une seule visite, sautant les inspections ou ne passant pas en revue les documents de manière approfondie. Selon Eva Jongelen, avocate spécialisée à la Achmea Legal Assistance Foundation, « les acheteurs se sentent obligés de s’engager sur place, acceptant souvent des risques qu’ils ne comprennent pas pleinement. » Une fois que des défauts apparaissent—murs humides, installations électriques défectueuses ou problèmes structurels—les acheteurs peuvent chercher des recours juridiques pour récupérer les coûts de réparation.
3. Omission des inspections préalables à l’achat
Une inspection pré-achat (bouwkundige keuring) n’est pas obligatoire aux Pays-Bas, mais elle est fortement recommandée. Les inspections permettent de découvrir des problèmes cachés et donnent aux acheteurs un plus grand pouvoir de négociation. Sans inspection, les acheteurs n’ont souvent d’autre recours que de poursuivre le vendeur par la voie juridique, ce qui peut prendre du temps et coûter cher.
4. Vulnérabilité financière des primo-accédants
Les primo-accédants disposent généralement de moins d’économies et d’une moindre expérience des transactions immobilières. Avec des réserves financières limitées, toute facture de réparation imprévue peut sembler catastrophique. Achmea note que ce groupe est particulièrement enclin à engager des actions en justice, cherchant à tenir les vendeurs responsables de vices non divulgués.
Points de vue des assureurs : Achmea vs. ARAG
- Achmea Legal Assistance Foundation a reçu 3 600 déclarations de litiges immobiliers l’an dernier—soit une hausse de plus de 14 %. Achmea relie cette hausse à la fois à la pression du marché et à un manque de préparation des acheteurs.
- ARAG a constaté un nombre stable de litiges (1 505 en 2025 contre 1 502 l’année précédente), mais souligne que le nombre total de ventes de logements a augmenté. Cela suggère que, proportionnellement, le nombre de litiges par bien vendu a légèrement diminué.
Les deux assureurs conviennent qu’un marché surchauffé, le surenchérissement structurel et l’absence d’inspections ont créé un terreau propice aux conflits. ARAG insiste toutefois sur le fait que ce schéma perdure depuis des années, mettant en lumière des problèmes structurels dans la façon dont les transactions immobilières sont menées aux Pays-Bas.
Types courants de litiges
- Vices cachés : les acheteurs affirment que le vendeur n’a pas divulgué des problèmes critiques découverts après l’emménagement.
- Ambiguïtés contractuelles : désaccords sur qui prend en charge le coût des réparations pour des défauts connus ou inconnus.
- Litiges sur les acomptes : des conflits surviennent lorsque des vendeurs ou des agents retiennent le remboursement des acomptes, invoquant une violation du contrat.
- Informations inexactes : les acheteurs allèguent que les caractéristiques ou l’état du bien ont été décrits de manière inexacte dans les annonces.
Comment vous protéger en tant qu’acheteur
Bien que le marché puisse être compétitif, une préparation soigneuse peut réduire considérablement votre risque de litige :
- Effectuez une inspection pré-achat (bouwkundige keuring) approfondie avec un expert bouwkundig certifié. Ce rapport peut être utilisé pour négocier des ajustements de prix ou des conditions dans le contrat d’achat.
- Passez en revue la koopovereenkomst (contrat d'achat) ligne par ligne, idéalement avec un conseiller juridique. Portez une attention particulière aux clauses sur la responsabilité des défauts et aux délais pour formuler des réclamations.
- Demandez des déclarations écrites sur tout problème connu—humidité, travaux structurels ou irrégularités de permis. Conservez toujours ces documents dans votre dossier.
- Incluez une clause de financement (ontbindende voorwaarde) qui rend votre achat conditionnel à l’obtention d’un prêt hypothécaire. Cela protège votre acompte si le financement échoue.
- Constituez une réserve pour entretien—idéalement 5 à 10 % de la valeur du bien—pour couvrir les réparations imprévues après votre emménagement.
Conseils pour les vendeurs afin d’éviter les litiges après la vente
- Fournissez une déclaration complète du vendeur couvrant tous les défauts connus ou les réparations antérieures.
- Éliminez toute ambiguïté dans l’annonce en décrivant le bien avec précision et en incluant des mentions sur les problèmes mineurs.
- Encouragez les acheteurs à effectuer une inspection pré-achat afin qu’ils soient pleinement informés avant de signer.
- Conservez les justificatifs de tout entretien professionnel, tel que la plomberie, l’électricité ou les inspections de toiture, pour démontrer la diligence requise.
Résoudre les litiges sans passer par la justice
Les litiges peuvent être coûteux et longs. Avant d’intenter une action en justice, envisagez :
- Médiation ou arbitrage : une tierce partie neutre peut souvent négocier un accord plus rapidement et à moindre coût que des procédures judiciaires.
- Assurance protection juridique : de nombreux propriétaires néerlandais disposent d’une rechtsbijstandverzekering, qui peut couvrir les frais juridiques en cas de litige.
- Règlement négocié : si un petit défaut est découvert—comme une fuite ou une fissure structurelle mineure—proposez un accord de partage des coûts pour éviter des frais juridiques élevés.
Perspectives : réformes du marché et sensibilisation des acheteurs
Les experts s’accordent à dire que des solutions structurelles—comme l’augmentation de l’offre de logements, la simplification des permis et la normalisation des obligations de divulgation—sont essentielles pour réduire les litiges futurs. En attendant, l’éducation des acheteurs reste cruciale. En comprenant vos droits et obligations avant de signer, vous serez mieux à même d’éviter des batailles juridiques coûteuses.
Acheter une maison aux Pays-Bas peut être gratifiant, mais cela exige une préparation minutieuse pour éviter les pièges potentiels. Restez informé, demandez des conseils professionnels et ne précipitez pas les étapes cruciales du processus d’achat.
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