Le prix de la chaleur
Le gaz naturel a longtemps été l'ossature du chauffage domestique aux Pays-Bas, faisant des gaskosten (coûts du gaz) l'une des dépenses d'utilité les plus importantes et les plus variables pour les locataires. La grande majorité des logements néerlandais dépendent d'une chaudière de chauffage central alimentée au gaz, la CV-ketel, pour le chauffage des espaces (verwarming) et l'eau chaude. En conséquence, votre facture de gaz est extrêmement sensible aux saisons, à vos préférences de confort personnel et, plus important encore, à l'efficacité énergétique de votre bien locatif. Le coût du gaz n'est pas seulement une préoccupation budgétaire personnelle ; il est imbriqué dans la politique énergétique nationale, les forces du marché géopolitiques et la qualité structurelle du parc de logements néerlandais. Pour un locataire, comprendre les facteurs qui déterminent la consommation de gaz est essentiel, car un appartement mal isolé peut rapidement transformer un loyer apparemment abordable en une dépense mensuelle exorbitante pendant l'hiver.
Le rôle central de la 'CV-ketel'
La chaudière de chauffage centrale (Centrale Verwarmingsketel) est le cœur du système de chauffage dans la plupart des appartements. Elle brûle du gaz naturel pour chauffer l'eau qui est ensuite circulée dans les radiateurs de chaque pièce. L'âge, le type et l'état d'entretien de cet appareil ont un impact direct et profond sur votre consommation de gaz. Une chaudière ancienne et inefficace des années 1990 peut consommer beaucoup plus de gaz pour produire la même quantité de chaleur qu'une chaudière moderne à haut rendement et à condensation (HR-ketel). Les locataires n'ont souvent pas leur mot à dire sur le type de chaudière installée, mais ils supportent 100% du coût de son inefficacité. Avant de signer un bail, il est crucial d'inspecter le CV-ketel. Quand a-t-il été entretenu pour la dernière fois ? La loi oblige les propriétaires à effectuer un entretien régulier (généralement tous les deux ans), mais cela est souvent négligé. Une chaudière mal entretenue n'est pas seulement moins efficace mais présente aussi un risque pour la sécurité (par exemple des fuites de monoxyde de carbone). Les locataires doivent insister pour voir les registres d'entretien et comprendre qu'ils subventionnent effectivement l'échec d'investissement du propriétaire dans des équipements modernes et efficaces par le biais de leurs propres factures de gaz élevées.
'Van het Gas Af': La transition imminente
Le gouvernement néerlandais a une politique ambitieuse visant à éliminer progressivement l'utilisation du gaz naturel pour le chauffage résidentiel, une transition connue sous le nom de van het gas af (hors gaz). L'objectif est de se diriger vers des alternatives plus durables comme le chauffage urbain (stadsverwarming) ou des solutions tout-électriques utilisant des pompes à chaleur. Bien que cela soit louable sur le plan environnemental, cela crée de l'incertitude et des coûts potentiels pour les locataires. Les propriétaires des immeubles plus anciens seront finalement contraints d'entreprendre des rénovations majeures et coûteuses pour retirer les infrastructures de gaz et installer de nouveaux systèmes. Cela peut entraîner des périodes de perturbation et des nuisances de construction importantes pour les locataires en place. De plus, les coûts de ces mises à niveau « durabilité » peuvent parfois être répercutés partiellement sur les locataires via des augmentations de loyer, avec comme justification que le locataire bénéficie d'un logement plus confortable et économe en énergie. La réalité pour le locataire peut être une période de chaos suivie d'une hausse de loyer, et les avantages financiers à long terme ne sont pas garantis. Les locataires doivent être conscients de tout grand projet de rénovation dans leur immeuble ou leur quartier lié à cette transition du gaz.
Facteurs de consommation et isolation
Au-delà de la chaudière elle-même, le principal facteur de coûts élevés de gaz est une mauvaise isolation. Les Pays-Bas disposent d'un vaste parc de logements plus anciens, charmants mais thermiquement catastrophiques. Les fenêtres à simple vitrage (enkel glas), les toits et les murs cavités non isolés, et les planchers qui laissent passer les courants d'air sont une recette de douleur financière. Le energielabel d'une propriété est l'indicateur le plus clair de cela. Une propriété avec une étiquette D, E, F ou G laissera s'échapper la chaleur en continu, obligeant la CV-ketel à fonctionner en heures supplémentaires juste pour maintenir une température confortable. Un locataire peut peu faire pour modifier l'isolation structurelle de la propriété, mais il peut prendre des mesures mineures comme l'utilisation de tochtstrips et des rideaux épais. Cependant, ce ne sont que des corrections mineures pour un problème structurel majeur. En fin de compte, le fardeau financier d'un sous-investissement du propriétaire dans l'isolation retombe chaque hiver sur les épaules du locataire. Lors de la visite d'un bien, sentir les courants d'air et demander plus particulièrement le type de vitrage (est-ce du vitrage moderne HR++ ?) peut être plus révélateur que les assurances vagues du propriétaire sur les coûts de chauffage.